La méthodologie F3P© peut-elle apporter un plus à un accompagnement thérapeutique ?

Confronté à plusieurs demandes spécifiques, le cabinet Adelphis s’est penché sur la complémentarité entre les thérapies utilisées pour traiter les SSTP (Syndromes de Stress Post Traumatiques) et la méthodologie F3P©.

Les thérapies utilisées dans l’accompagnement des personnes souffrant de SSTP possèdent certaines spécificités comme le fait :

  1. d’accorder de l’importance à l’ « ici et maintenant »,
  2. de valoriser les sentiments,
  3. d’avoir une approche globale et un engagement responsable du thérapeute envers son client.

Plus spécifiquement, l’Analyse Transactionnelle valorise l’interdépendance, la coopération et la réciprocité. Elle se fonde sur les principes du « nous », de la « responsabilité partagée » et du « développement centré sur le présent ». La thérapie vise la co-création d’expériences progressives plutôt que régressives, « rechercher le possible au-delà du probable »…

La méthodologie F3P© nécessite de relier des éléments entre eux, de trouver de l’élan et de l’enthousiasme pour servir un but.

Le consultant place le bénéficiaire dans « l’ici et maintenant », fait preuve d’empathie, a une approche globale et un engagement responsable vis-à-vis de lui.

Il est également dans la « co-construction » avec son client et dans une approche « constructive » et non « régressive ».

En aidant son client à reprendre contact avec son Agentivité, il l’accompagne vers une réappropriation de son propre développement (« je peux avoir un impact sur mon environnement, le collectif ou les autres peuvent m’apporter de l’information sur moi, ce que je fais a un sens ou aura un sens pour moi »).

La méthodologie renforce également l’estime de soi du client.

Comment inscrire la méthodologie F3P© en complément des étapes du traitement du SSTP :

I – : Phase de stabilisation :

  1. il s’agit de créer une alliance thérapeutique ainsi qu’un « lieu et un sentiment » de sécurité :

Pour stabiliser les symptômes, P. Janet « conseillait aux thérapeutes deux attitudes apparemment contradictoires : d’une part, le malade doit accepter son autorité et ses conseils et d’autre part, le thérapeute doit minimiser sa domination du malade.»

Le thérapeute passe de la neutralité bienveillante à l’implication contrôlée.

En étant dans l’écoute et l’acceptation inconditionnelle, le psychothérapeute aidera le client à créer à nouveau un pont entre lui et le monde extérieur, et à développer ou redévelopper un sentiment de sécurité interne.

La méthodologie F3P© attend du consultant qu’il soit dans une neutralité bienveillante, qu’il se place comme cons- ultant ou – eiller, mais qu’il soit aussi dans une posture de formateur et de spécialiste du secteur du monde professionnel (position haute).

Il est également dans l’empathie, dans la compréhension et la prise en compte des émotions et des sentiments de son client.

Ce sont ces éléments qui contribuent à apporter au client un sentiment de sécurité et de confiance.

 

  1. Favoriser la Restructuration Cognitive :

Quand un lien suffisamment sécure s’est créé, le thérapeute propose au patient de passer à un niveau cognitif ; il donne des informations sur ce qu’est un trauma et la normalité des réactions que le patient a vécu ou vit encore !

« Réassurance, support, compréhension, reformulation, empathie restent les atouts majeurs de l’approche psychothérapeutique »

Il l’informe sur la réalité d’aujourd’hui : parle de ce qui se passe aujourd’hui, d’informations journalistiques, de démarches éventuellement faites,…

Il aide son patient à ré-identifier les détails du trauma ; il revisite en détails les sensations, les pensées, les émotions, les gestes posés, les réactions des autres vécus lors du trauma.

C’est ici que la méthode de résolution de problème en 4 étapes est également très utile :

  1. identification des problèmes (quel est le problème ? est-ce que cela concerne le vécu actuel- en quoi le trauma pose-t-il un problème dans la vie du patient-, un symptôme éprouvé, une pensée négative sur soi ou une certaine vision du monde)
  2. recherche d’options alternatives (ex : qu’est-ce que je peux me dire d’autres ?),
  3. évaluations de ces alternatives (ex : quels sont les « pour » et les « contre » de cette manière de penser, y a-t-il une autre manière d’interpréter les faits, si oui, quelles en seraient les conséquences)
  4. choix de l’une de ces alternatives.

Dans la méthodologie F3P©, récupérer de l’information ( la vicariance) est au cœur du processus. C’est l’information qui met en marche le cerveau projectif du client.

Le consultant aide son client à identifier ses aptitudes, compétences, motivations mais aussi à comprendre le territoire sur lequel il intervenait, comment il travaillait avec les autres, au service de quelle stratégie.

En cela, il réalise une « restructuration cognitive » de sa situation professionnelle.

Il utilise une méthode de résolution de problème :

  • identification du problème : quel projet professionnel avec ces aptitudes, compétences et motivations
  • recherche d’options alternatives : scénarii d’évolution
  • évaluation de ces alternatives : à l’épreuve des faits par l’enquête métiers/réseau
  • faire un choix : par l’Agentivité (qui renforce notre capacité à être acteur de notre propre développement) et par l’Empathie et la possibilité de revisiter notre vérité et nos valeurs pour décider et devenir pro-actif.

 

  1. Accueil et traitement des émotions :

« Après un trauma, les émotions sont soit exacerbées, soit gelées. Les personnes traumatisées ont besoin d’entendre que les émotions peuvent être très désagréables mais qu’elles ne sont pas dangereuses. Certains ont profondément besoin de la fonction pare-excitante du psychothérapeute et de sa capacité « contenante ».

Dans la méthodologie F3P©, le consultant rassure son client : il entend ses inquiétudes quant à sa reconversion mais il sait que « c’est possible », qu’il n’y a pas de danger.

Par son écoute et par un discours de vérité, il rassure son client.

 

II – : Phase d’exposition : « se ré apprivoiser » aux situations associées au traumatisme.

« Un passé qui est pris en compte, n’a plus besoin de se maintenir au présent. C’est alors que la guérison devient possible »

Dans la méthodologie F3P©, le client active un réseau et par là, il entre en contact avec la source de ses inquiétudes ‘(le monde privé, l’entreprise…). Ainsi, il « s’expose » tout en étant toujours dans un cadre « rassurant » avec son consultant.

 

III – : Phase d’intégration et de deuil ; grandir, trouver un sens aux souffrances traversées.

« Spontanément, un enfant croit que le monde est bon, prévisible, sûr ; il a confiance en soi et dans le monde. Le trauma vient bousculer ses croyances. La personne aura un chemin à traverser pour retrouver confiance en elle et « dans le monde », tout en acceptant la vulnérabilité, l’incertitude, la finalité de tout être humain. Parfois, il s’agira d’apprendre à vivre avec une lésion corporelle, un handicap, s’ouvrir à une autre spiritualité, et enfin se tourner vers de nouvelles expériences de vie. »

L’Intelligence Projective intègre la notion de VUCA World (monde volatile, incertain, complexe et ambigu).

En l’activant, la personne prend en compte les caractéristiques du monde qui l’entoure et trouve le sens de ce qu’elle traverse professionnellement pour grandir et continuer son évolution.

Par ailleurs, la méthodologie F3P© invite son bénéficiaire à parcourir un chemin pour construire son projet (cf stratégie de route et de carte).

Conclusion :

Nous avons constaté de manière empirique et à plusieurs reprises, l’efficacité de la méthodologie F3P© pour apporter une aide à des personnes en difficulté psychologique.

Ce que nous avons constaté, c’est que les relations de ces personnes avec leur entourage s’amélioraient, leur niveau de stress était réduit, leurs capacités de réflexion et de mise en action s’étaient développées.

La méthodologie F3P© et le développement de l’Intelligence Projective ne sauraient néanmoins se substituer aux psychothérapies.

On peut cependant considérer que leur utilisation, pour travailler le « volet professionnel », peut renforcer le succès de la thérapie et amener assurément le patient/client vers un « mieux être »

Anne-Laure COURBOT
Anne Laure COURBOT
Psychologue du travail
Consultante RH

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